Archive pour la catégorie 'Cerné par les cons'

Tranquille en mer loin de toute la mafia

Mercredi 24 septembre 2008

Histoire de calmer les fans en délire prêts à s’ouvrir les veines dans l’attente de sa publication, voici un nouvel extrait de “Demain je le vends”.

“Je ne sais pas pourquoi j’ai cru bon d’enfanter. Il y a sûrement l’une ou l’autre raison, objective ou non mais certainement impérieuse, c’est à peu près acquis, mais je ne la connais pas. Ce que je sais, en revanche, et ce de façon certaine, c’est pour quoi je ne l’ai pas fait : je n’ai pas décidé d’avoir des enfants dans le but de m’acheter une vie sociale.

La scène se passe dans un restaurant où j’ai mes habitudes et dont le patron garantit à ses clients une ambiance conviviale mais pas envahissante, une sorte d’enclave de sérénité dans un monde de crétins. C’est la première fois que l’expérience d’une sortie ailleurs que chez le pédiatre ou l’assistante sociale est tentée avec monsieur bébé, qui s’en trouve fort surpris d’une part et très enjoué d’autre part. Enjoué mais calme, agréable et, pour tout dire, rigolo, assis dans sa chaise haute à sourire au patron, aux clients et au porte-manteau tout proche, sans ordre particulier de préférence. Pour parler franchement, tout se passe presque trop bien. J’en acquerrai la certitude quelques instants plus tard, quand j’aurai commencé à payer ce moment de quiétude.

Vous l’avez sans doute remarqué, il y a des situations dans lesquelles de parfaits inconnus s’arrogent le droit de violer votre intimité sans en éprouver le moindre remords et, pire, sans même avoir conscience qu’il serait légitime qu’ils en éprouvassent. Le cas classique, c’est la femme enceinte à qui on caresse le ventre sans vergogne ni autorisation dès qu’elle a le malheur d’exhiber, bien malgré elle le plus souvent, l’envahissant indice de sa future maternité. Un autre cas classique, c’est un enfant en bas âge qui sourit à tout le monde autour de lui : ça ne rate jamais, le crétin ainsi gratifié se met en devoir d’engager une insipide conversation avec les malheureux parents qui n’en demandaient pas tant, mais alors vraiment pas. Vous pouvez vérifier : ça ne rate jamais, je vous dis.

Et pour l’instant, justement, ça ne rate pas. Raymond et Josiane, sympathiques quinquagénaires en goguette charmés pas la banane affichée par monsieur bébé, entreprennent depuis cinq bonnes minutes de réduire méthodiquement en ruine ce qui s’annonçait comme une bonne journée. “Qu’est-ce qu’il peut être mignon, hein qu’il est mignon ton petit frère ?”, “Franchement, on ne l’entend pas, c’est un vrai petit ange”, “Et ça lui fait quel âge ?”, “Il s’appelle comment ton doudou ?”, tout y passe. Jusqu’au fatidique “Il a les yeux de sa mère”. C’est là que je décide d’intervenir afin de rendre aux choses leur cours normal, en assénant, droit dans les yeux et d’un air particulièrement peu aimable, un “Et le sourire de son père” qui, comme je l’avais prévu, met un brutal coup d’arrêt au monologue collégial des vieux cons. Nos pizzas arrivent, Raymond et Josiane s’en vont.

Aux suivants.

P.S. : pour ceux qui ne me connaîtraient pas physiquement, quand je souris, je ressemble à ça.”

J’ai plus de WindJet

Mercredi 21 mai 2008

Je ne croyais que modérément à la Némésis, il y a encore peu. Voire pas, en fait. Mais il a bien fallu que je me rende à l’évidence : je me fourvoyais. Car je l’ai rencontrée. Elle m’est apparue par surprise sous les traits d’un petit bonhomme aux cheveux ras et l’anus probablement dilaté.

La scène se passe lors un mariage, à une table où sont réunies sept personnes de bonne compagnie. Et lui. Décrire les éléments à charge serait pénible et vain, je vous demande de me faire confiance. La seule description utile et valable du bonhomme tient dans cette phrase : essayez d’imaginer le plus grand crétin de la Terre, mais en plus bavard.

Je n’ai pas eu à l’imaginer : il fut mon voisin de table pendant quelques paires d’heures, et son seul objectif était visiblement de devenir mon meilleur ami.

Au secours. Rétrospectivement s’entend.

Mutatis mutandis

Jeudi 28 juin 2007

Je vieillis. Je le sais. Je le sens, surtout.

Tenez : avant, quand je faisais du sport, je ne m’en ressentais pas, ou guère. Maintenant, si j’en faisais, je suis sûr que j’en aurais pour des jours à me remettre après chaque séance. Heureusement, j’ai un instinct de conservation assez affûté qui me fait volontiers délaisser les activités traumatisantes pour d’autres beaucoup plus sereinement apaisantes. Concrètement, au lieu de me martyriser le fondement à faire du vélo comme un abruti je m’assouplis la gorge et le tablier abdominal en buvant de la bière.

Un autre indice de mon vieillissement avéré : je deviens humaniste. Enfin, pour être plus précis, ma misanthropie devient humaniste. Avant, je méprisais les gens juste parce qu’ils étaient des gens. C’était le pack de base, compris dans le prix hors options. Maintenant, pour détester mes contemporains, j’ai besoin de trouver de bonnes raisons. Ça me surprend moi-même, hein, rassurez-vous. Et de toute façon pas de panique, j’en trouve toujours, des bonnes raisons.

La dernière en date ? Le comportement en public. La parade permanente. L’obligation du paraître. Observez un crétin esseulé. Il se crée une carapace, dans son coin, reste volontiers ouvertement taciturne, manière de montrer qu’il faut pas trop jouer avec l’homme sous peine de retour de manivelle immédiat. Transposez avec du dédain si c’est une crétine. Observez maintenant (au moins) deux crétins esseulés qui se rencontrent ou, pire, se rejoignent : c’est parti pour la grande représentation. Se mettre en avant à tout prix, parler plus fort que l’autre, être le premier à sortir la bonne blague. Ne pas tenter de briller signifie ne pas être là. Laisser la vedette à l’autre équivaut à ne pas exister. Or le crétin n’imagine pas le monde tourner sans lui. D’où frénésie vocale, gestuelle, olfactive s’il le faut vraiment pour bien faire sentir aux autres crétins qu’il est là et bien là, le crétin.

Quand je suis confronté à ce genre de scène, et ça arrive trop souvent à mon goût, mon état d’esprit oscille entre la pitié et l’envie de faire souffrir. Avec une nette préférence pour la seconde option.

Si un jour vous voyez un crétin en groupe qui se comporte comme un crétin esseulé, évitez d’aller le saluer : ce sera sans doute moi.

Edit : je viens de trouver un nom à mettre là-dessus. Ça vient de me sauter en pleine gueule comme une évidence : “le syndrome Ruquier”.

Ça peut arriver à tout le monde

Jeudi 24 mai 2007

Non, je déconne, ça ne peut pas arriver à tout le monde. Il est de notoriété publique que pour être journaliste à “L’équipe”, bon, faut pas spécialement être journaliste, faut pas spécialement être sportif non plus, en fait on ne sait pas trop.

Démonstration : Cédric Rouquette, qui a l’avantage de porter un nom rigolo, pris par l’enthousiasme, trébuche sur un passé simple un peu vicieux :

Dérapage syntaxique

Finalement non, il n’était même pas vicieux.

Edit : c’est que ça se passe, et à l’heure où je vous cause (le jour de la publication, mais une grosse douzaine d’heures plus tard), ce n’est toujours pas corrigé.

Ripage vocabularique

Mercredi 25 avril 2007

“Vista n’est pas exsangue de reproche”.

Joli.

La source : Infos du net.

Mise à jour : j’avais un peu prévu le coup, la coquille a été corrigée. Mais, malin, j’avais conservé la preuve par devers moi :

Vista pas exsangue

S’ils l’ont fait tu dois le faire

Jeudi 12 avril 2007

Ça y est, je suis énervé.

Déjà, j’ai dû passer six bonnes heures sur la route. Enfin, “bonnes”, disons qu’elles auraient pu l’être si je n’avais pas oublié d’emporter avec moi le dernier album de Ramsay Midwood que j’avais amoureusement préparé pour l’occasion, posé bien en évidence là où je n’aurais pas dû pouvoir le rater ce matin en partant. Ce qui m’a ni plus ni moins obligé, y a pas d’autre mot, à écouter la radio pendant six bonnes heures. Enfin, “bonnes”, non. Car j’ai pour le coup dû subir la publicité de je ne sais quel bouquin visiblement à la mode. C’est précisément cette publicité, pour une bonne part, qui est à l’origine de mon plus-qu’agacement.

On y disait, en substance, que c’était un bouquin vachement bien, qui causait de magiciens (je crois mais de toute façon on s’en branle) et, preuve qu’il était vachement bien, qu’il avait été traduit en dix-sept langues et vendu à je ne sais plus combien de millions d’exemplaires, apparaissant dans le liste des dix meilleures ventes dans tous les pays où il avait été publié/distribué/vendu. Conclusion logique : on m’intimait l’ordre, peu ou prou, de m’en procurer un exemplaire fissa.

Je ne vais pas disserter des heures sur les raisons objectives de mon ire. Je veux juste m’adresser aux responsables de la communication et aux dirigeants de la maison d’édition du machin : allez sucer des bites en enfer.

Des grosses.

Poilues.

Non mais attends.

At last At least

Samedi 3 février 2007

Tiens, je vous colle ici un truc que j’avais pondu pour ou-pas.net.com(.htm), mais comme le site me semble passablement refroidi, et comme je n’aime pas gâcher, hein, voilà.

La citation à la con du jour

Jeudi 16 novembre 2006

Björk ne parle pas souvent. Quand elle le fait, c’est pour dire, par exemple, ça :

“Il faut que les hommes acceptent le fait que la nature est plus forte qu’eux mais ils doivent rester fiers de leurs inventions, comme les voitures ou les appareils photo, en particulier les Polaroïd ! Je souhaite de tout cœur qu’ils parviennent à discerner le bien du mal…”

C’est dans le Rock & Folk de janvier 1994, page 47. J’aurai mis presque treize ans à tomber sur ce passage.

Faut avouer : ça valait le coup d’attendre.

Le prix de mes couilles

Dimanche 12 novembre 2006


My blog is worth $564.54.
How much is your blog worth?

Il est tard, on va dire que j’ai rêvé ça.

L’éducation des bœufs

Mardi 31 octobre 2006

Voilà le genre d’article qu’on peut trouver sur internet.

On s’en branle ? C’est anodin ?

Non.

Avant de lire cette news vous vous en tamponniez le coquillard, du packaging des nouveaux produits Microsoft. Maintenant vous saurez les reconnaître. Ça vous aidera pour les acheter.

Et ce sont des sites d’information indépendants, ou supposés tels, qui s’en font l’écho. Soit la collusion est consciente et du coup méprisable, soit elle est inconsciente et du coup méprisable *et* pitoyable.

Je suis atterré.