Archive pour la catégorie 'Faites des gosses'

Testify

Samedi 13 mars 2010

Scène de la vie ordinaire chez les Borniol.

Moi : Viens ici que je te sèche les cheveux.
Mademoiselle ma fille : Mais, ils sont déjà secs mes cheveux.
Moi : Non, ils ne sont pas secs. Viens ici.
Mademoiselle ma fille : Mais, ils ne sont pas mouillés.
Moi : Ils ne sont pas mouillés mais ils ne sont pas secs non plus. Ils sont humides. Et tu sais ce qu’on a déjà dit ?
Mademoiselle ma fille : Oui : il ne faut jamais parler sèchement à un Numide.

Tout espoir n’est pas perdu.

La locution du jour

Mardi 3 novembre 2009

“Tout à l’heure”. Ce qui, chez Monsieur ex-bébé, signifie très exactement, au mot près, “il n’est pas exclu qu’à un moment je songe à réfléchir à l’éventualité d’accéder à ce que tu me demandes, mais j’ai encore besoin d’un peu de temps, pour ainsi dire tu me prends à froid, j’aimerais quand même qu’on me laisse me retourner un peu, donc on va dire que ce n’est pas un non franc et massif mais plutôt une sorte de report indéfini qui, je préfère ne pas le cacher, risque de s’épanouir dans la durée”.

Au mot près.

C’est une perspective de deux mètres…

Dimanche 28 septembre 2008

Demain je le vends“, à force, ça ne vaudra plus le coup de l’acheter en librairie : tout sera sur mes couilles. Pas grave, je continue quand même : nouvel extrait.

Un des gros intérêts d’un bébé, pour les parents s’entend, c’est qu’il ne connaît rien à la vie et que, du coup, un rien l’épate. Ça permet au pire des médiocres de passer pour un héros à moindres frais aux yeux d’un public acquis car ignorant et captif. Dans l’absolu, ce n’est guère gratifiant. En pratique, on prend tout ce qu’on peut tant qu’on le peut. C’est mon cas, je n’en suis pas spécialement fier mais je n’en ai pas spécialement honte non plus.

Il se trouve que je possède une guitare, comme d’autres possèdent l’intégrale de Goethe : je ne m’en sers jamais. Et quand bien même l’idée ou l’envie me prendrait de le faire, j’en serais bien incapable. Il y a trop de cordes, sur ces machins-là, et je ne vous parle même pas des cases. Bref. Par un miracle dont je ne me rappelle pas la genèse, il existe un morceau que je suis capable d’exécuter a peu près convenablement. Et à l’occasion d’un dépoussiérage de l’instrument, tantôt, j’ai découvert que ça met monsieur bébé en transe quand je le fais. Il se plante à côté de moi, se dandine, tape des mains et à l’occasion je le laisse effleurer les cordes pendant que je plaque quelques accords. Pour résumer, le moment où je sors la guitare est synonyme de détente, aussi bien pour lui que pour le reste de la famille : tant qu’il écoute la musique il oublie de s’adonner aux tâches nuisibles qui l’occupent en temps normal.

Hier, j’ai joué avec le feu. Sans réellement savoir pourquoi, j’ai décidé, à l’insu de tout le monde, de diffuser sur l’équipement audio familial le morceau en question. Instantanément, monsieur bébé, toutes affaires cessantes, a vigoureusement pointé du doigt l’endroit où je remise ma vieille Vantage en criant joyeusement “Titare Papa ! Titare Papa !”.

C’est bête à dire mais il m’a fait plaisir, le petit crétin.


Tranquille en mer loin de toute la mafia

Mercredi 24 septembre 2008

Histoire de calmer les fans en délire prêts à s’ouvrir les veines dans l’attente de sa publication, voici un nouvel extrait de “Demain je le vends”.

“Je ne sais pas pourquoi j’ai cru bon d’enfanter. Il y a sûrement l’une ou l’autre raison, objective ou non mais certainement impérieuse, c’est à peu près acquis, mais je ne la connais pas. Ce que je sais, en revanche, et ce de façon certaine, c’est pour quoi je ne l’ai pas fait : je n’ai pas décidé d’avoir des enfants dans le but de m’acheter une vie sociale.

La scène se passe dans un restaurant où j’ai mes habitudes et dont le patron garantit à ses clients une ambiance conviviale mais pas envahissante, une sorte d’enclave de sérénité dans un monde de crétins. C’est la première fois que l’expérience d’une sortie ailleurs que chez le pédiatre ou l’assistante sociale est tentée avec monsieur bébé, qui s’en trouve fort surpris d’une part et très enjoué d’autre part. Enjoué mais calme, agréable et, pour tout dire, rigolo, assis dans sa chaise haute à sourire au patron, aux clients et au porte-manteau tout proche, sans ordre particulier de préférence. Pour parler franchement, tout se passe presque trop bien. J’en acquerrai la certitude quelques instants plus tard, quand j’aurai commencé à payer ce moment de quiétude.

Vous l’avez sans doute remarqué, il y a des situations dans lesquelles de parfaits inconnus s’arrogent le droit de violer votre intimité sans en éprouver le moindre remords et, pire, sans même avoir conscience qu’il serait légitime qu’ils en éprouvassent. Le cas classique, c’est la femme enceinte à qui on caresse le ventre sans vergogne ni autorisation dès qu’elle a le malheur d’exhiber, bien malgré elle le plus souvent, l’envahissant indice de sa future maternité. Un autre cas classique, c’est un enfant en bas âge qui sourit à tout le monde autour de lui : ça ne rate jamais, le crétin ainsi gratifié se met en devoir d’engager une insipide conversation avec les malheureux parents qui n’en demandaient pas tant, mais alors vraiment pas. Vous pouvez vérifier : ça ne rate jamais, je vous dis.

Et pour l’instant, justement, ça ne rate pas. Raymond et Josiane, sympathiques quinquagénaires en goguette charmés pas la banane affichée par monsieur bébé, entreprennent depuis cinq bonnes minutes de réduire méthodiquement en ruine ce qui s’annonçait comme une bonne journée. “Qu’est-ce qu’il peut être mignon, hein qu’il est mignon ton petit frère ?”, “Franchement, on ne l’entend pas, c’est un vrai petit ange”, “Et ça lui fait quel âge ?”, “Il s’appelle comment ton doudou ?”, tout y passe. Jusqu’au fatidique “Il a les yeux de sa mère”. C’est là que je décide d’intervenir afin de rendre aux choses leur cours normal, en assénant, droit dans les yeux et d’un air particulièrement peu aimable, un “Et le sourire de son père” qui, comme je l’avais prévu, met un brutal coup d’arrêt au monologue collégial des vieux cons. Nos pizzas arrivent, Raymond et Josiane s’en vont.

Aux suivants.

P.S. : pour ceux qui ne me connaîtraient pas physiquement, quand je souris, je ressemble à ça.”

Tout devient possible

Dimanche 3 juin 2007

Notez, on ne pourra pas dire qu’on n’était pas prévenu. Tenez, lisez la suite, à savoir un nouvel extrait de “Demain je le vends“, pour vous en convaincre.

Ça y est, j’ai connu mon vrai premier moment de communion avec mon fils. Stupeur. Stupeur et joie, évidemment. Pour être honnête, ça n’était pas gagné d’avance : j’étais moi-même d’une humeur morose et Monsieur Bébé, quant à lui, était dans sa configuration habituelle, c’est-à-dire intrinsèquement et structurellement pénible, on ne peut même pas dire qu’il le fasse exprès. Le truc bath, depuis quelques jours, c’est qu’on peut le remiser dans une chaise haute, ce qui a la double vertu de le calmer, sans qu’on sache vraiment pourquoi, et de permettre à l’homme de quart de vaquer à certaines occupations, comme débarrasser la table ou vider/remplir le lave-vaisselle par exemple, ma vie est un roman d’aventure. On en était là, justement, quand, sans préavis, Monsieur Bébé se lassa brutalement de sa situation chancelante mais assise et se mit à faire ce qu’il sait faire le mieux, à savoir manifester bruyamment son désaccord.

Ma réaction fut ce qu’elle n’aurait pas dû être : je me suis mis à chanter, au lieu de hurler mon désarroi en traînant les noms de Dieu et de tous ses saints dans la fange putride de mon exaspération lasse. La nature humaine est parfois bizarrement faite. Toujours est-il que je mis à entonner gaiement le refrain de “Bite au cul Madame Bertrand”* avec la même énergie qu’aurait déployée un cochon cul-de-jatte lors d’un cent mètres face à sept lions affamés. C’est à cet instant que le miracle se produisit : Monsieur Bébé cessa d’un coup ses incantations pour me voir disparaître le plus vite possible dans d’atroces souffrances (c’est ainsi que j’interprète généralement ses borborygmes enragés) et se mit à rire franchement à mon écoute, la mine réjouie et empreinte de l’incrédulité de celui qui découvre que son ennemi de toujours peut être un chic type à l’occasion. Constatant mon début de victoire, j’entrepris alors de répéter l’opération, non sans marteler le rythme en claquant des mains, ce qui décupla le plaisir apparent de mon fiston définitivement vaincu. Nous avons continué ainsi pendant quatre refrains consécutifs, moi chantant et frappant des mains, lui riant et criant “BABA” en frappant frénétiquement de son petit poing la tablette de sa chaise haute.

Ce que j’ai ressenti alors ne doit pas être très éloigné du bonheur. Sans compter que visiblement j’ai trouvé un bon truc pour le calmer illico presto. Faudra que j’apprenne cette chanson à Madame Borniol : elle a toutes le peines du monde à le tenir dans la salle d’attente de l’assistante sociale, quand elle se rend aux convocations qu’on reçoit régulièrement. Je n’ai d’ailleurs jamais bien compris pourquoi cette assistante sociale tient à voir mon fils si souvent, et si longtemps à chaque fois. J’irai lui poser la question directement, un de ces jours.

* Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette chanson, voici les paroles du refrain:
Bite au cul madame Bertrand
Vous avez des filles vous avez des filles
Bite au cul madame Bertrand
Vous avez des filles qu’ont l’cul trop grand
Elles ont le cul comme des marmites
Pour les enculer faut des grosses bites
Bite au cul madame Bertrand
Vous avez des filles qu’ont l’cul trop grand

Ne jamais, JAMAIS, baisser la garde

Dimanche 22 avril 2007

Demain je le vends“, nouvel extrait :

Il est des moments où, sans qu’on s’y attende vraiment, on prend du plaisir à s’acquitter des corvées quotidiennes d’entretien et de maintenance de Monsieur bébé. Ça m’est arrivé récemment, sans que j’y sois réellement préparé, et, très honnêtement, ça fait bizarre. Les circonstances ne s’y prêtaient pourtant guère a priori : un changement de couche tout ce qu’il y a de plus banal. De surcroît je n’avais encore rien bu ce jour-là, j’étais normalement au top de ma concentration, mais je me suis quand même laissé surprendre. Alors que j’avais évacué la couche remplie de diverses matières liquides, solides ou magmatiques mais toutes nauséabondes, j’ai asséné le réglementaire “areuh areuh” qui laisse d’habitude Monsieur bébé totalement indifférent, tout occupé qu’il est à me faire ressentir le plus explicitement possible le mépris qu’il éprouve pour ma personne et ma fonction, sauf que là, miracle de l’humanité et des relations père-fils, il fut plus que réceptif à mon stimulus sonore et visuel (le “areuh areuh” s’accompagnant toujours d’un rictus qui transforme l’honnête visage d’un père normalement constitué en ce qu’il est coutumier d’appeler “une bille de clown”). Le voilà qui me répondit par un “agreuh agreuh” enthousiaste, qu’il accompagna d’un sourire illuminé d’une joie bien visible. Sous le choc, et voulant vérifier que c’était bien là une coïncidence sans conséquence, je me fendis d’un “gouzi gouzi” incrédule, auquel Monsieur bébé répondit par un “agreuh agreuh” empreint d’une conviction peu commune (le vocabulaire d’un bébé est, vous l’aurez sans doute noté, relativement limité) qui se termina par un franc éclat de rire.

Le doute n’était plus permis : je passais réellement un bon moment avec mon fils. J’entrepris alors, la voix vibrante, de lui expliquer combien ce genre d’instant peut compter dans la vie d’un père, que ça récompensait tous les efforts que l’on est obligé de consentir le jour où on passe du statut d’homme libre à celui de parent. Je lui expliquai aussi que c’est ça, précisément, qui distingue l’homme de, au hasard, l’amibe, que je serais toujours là pour l’aider, le soutenir, l’encourager, qu’il pourrait toujours compter sur moi quoi qu’il puisse arriver et que j’étais son papa pour la vie. Pendant toute la durée de mon discours Monsieur bébé avait pris un air grave, fronçant les sourcils, concentré qu’il était sur le propos fondateur de notre relation future et conscient de l’émotion sincère qui émanait de mes paroles. Il m’a écouté attentivement, me regardant droit dans les yeux jusqu’à ce que j’aie fini mon laïus.

Puis il m’a copieusement uriné dessus.

La nuisance est en toi

Dimanche 25 mars 2007

Encore un extrait de “Demain je le vends“, ouvrage attendu avec une impatience croissante dans le milieu des gens qui attendent avec impatience la sortie de cet ouvrage.

Chez un bébé, bien des éléments sont pour ainsi dire inutiles, les seules fonctions réellement exploitées étant essentiellement d’ordre digestives. Dès lors, pourquoi nous livre-t-on le colis avec l’intégralité des accessoires préalablement installés ? Tenez, au hasard : les jambes. Un bébé dispose de deux jambes, en état de fonctionner, et pourtant il ne marche pas. Parce qu’il n’y arrive pas, pour tout un tas de raisons objectives qui n’ont pas toutes trait à la mauvaise volonté, facteur existant mais négligeable en l’occurrence, de Monsieur bébé. Partant de là, un bébé un peu cartésien pourrait se demander pourquoi on lui a greffé ces deux excroissances malcommodes, encombrantes et dérisoirement inutiles ; et du coup il pourrait en arriver à la sage décision qu’on verra bien en temps utile ce qu’on en pourra faire, d’ici-là on va se concentrer sur autre chose.

Las !

Monsieur bébé n’est jamais cartésien. Il ignore souvent jusqu’à l’existence de ce mot et, a fortiori, le concept qu’il recèle. Et c’est donc sans plus se poser de question qu’il fait usage, comme il le peut c’est-à-dire n’importe comment, de ses jambes. Encore que, “n’importe comment” n’est pas réellement l’expression appropriée. Si, la plus grande partie du temps, il profite de son oisiveté crasse pour pédaler frénétiquement dans le vide quand on ne s’occupe pas de lui, il a tôt fait de tirer parti des capacités de nuisance que lui procurent les deux membres inférieurs que la facétieuse Mère Nature a cru bon de lui octroyer, la salope, quand la nécessité de lui prodiguer l’un ou l’autre soin, au sens large, s’impose sans possibilité de report à celui des deux parents qui est de corvée. Le changement de couche, par exemple, tâche routinière s’il en est, devient rapidement un exercice sisyphesque à partir du moment où Monsieur bébé a décidé d’en faire un entraînement systématique au planté de talon/extension de jambe. Ça n’a l’air de rien, énoncé comme ça, mais ce double mouvement a pour inexorable résultat, quand vous tentez, calmement, sans vous énerver, de placer la couche au millimètre près, le millimètre qui vous garantira la protection maximum contre les fuites qui ne demanderaient sans ça qu’à intempester, de foutre tout votre travail en l’air, faisant gicler la couche et saccageant le plan de travail, serviette et matelas à langer compris. Et n’allez pas croire que c’est quand vous remettrez le chantier en état que bébé renouvellera son déhanché dévastateur. Non. C’est quand, une fois tout remis en place, vous aurez à nouveau minutieusement installé la couche qu’il estimera opportun de vérifier si sa technique est au point.

Les solutions ne sont pas pléthore : soit vous renoncez une bonne fois pour toutes à changer la couche du marmot, mais là vous vous faites opposer un “non” inflexible et horrifié de Madame Borniol (ou ce qui en tient lieu suivant le cas), soit vous installez un système de sangles pour empêcher Monsieur bébé de gigoter à tort et à travers, mais là vous vous faites opposer un “si t’arrêtes pas tes conneries j’appelle les flics” vif et sans appel de Madame Borniol (même remarque que précédemment), soit vous recommencez docilement à rouler votre pierre en haut de la colline.

La vie est une truie.

Vanitas, vanitatum…

Mardi 13 mars 2007

… et omnia vanitas.

Mais quand même : un fanart.

Un fanart, bordel. Et un beau. Quelque part, ça fait quelque chose.

Je vous le montre :

Un vache de beau fanart

Récursivité

Samedi 9 décembre 2006

Nouvel extrait de “Demain je le vends” :

“La promiscuité d’un bébé peut vous amener à  faire de fantastiques découvertes. C’est ce qu’il m’est arrivé il y a peu : j’ai enfin compris pourquoi un bébé recrache systématiquement sa sucette, celle qu’on lui colle dans la bouche dans l’espoir qu’il se calme et, partant et surtout, qu’il se taise. Il la recrache pour pouvoir la réclamer. C’est d’une logique implacable. Quand il a la sucette dans la bouche, il existe deux raisons pour qu’il ne la réclame pas, une bonne, l’autre mauvaise. La mauvaise, c’est qu’il l’a déjà  dans la bouche, et donc il est a priori illégitime qu’il la réclame. “A priori” seulement : bébé ne s’encombre que peu de logique cartésienne, et son comportement général en est une preuve tangible et crispante. La bonne, c’est que la sucette encombre sa bouche et qu’elle l’empêche, pour ainsi dire mécaniquement, de la réclamer dans des conditions optimales, celles qui permettent les vagissements les plus puissants. Vagissements qui pousseront le plus résolu des pères, le plus endurci aux pleurs forcenés, le plus déterminé à  ne pas céder, “cette fois il ne m’aura pas”, à  recoller prestement l’objet du conflit dans la bouche déformée par la rage de son fiston. Ce qui aura pour effet immédiat et temporaire de calmer ledit fiston, preuve définitive que c’était bien là  le sens de sa requête, qu’il renouvellera sous peu, faut pas rêver.

Un corollaire direct à  cette découverte : chez un bébé, réclamer la sucette est une fin en soi, ou à  tout le moins un besoin naturel.”

On est là pour payer

Jeudi 7 décembre 2006

<meta content="OpenOffice.org 2.0 (Linux)" name="GENERATOR" /><meta content="rod" name="AUTHOR" /><meta content="20061205;12244200" name="CREATED" /><meta content="rod" name="CHANGEDBY" /><meta content="20061207;7084700" name="CHANGED" /><style type="text/css">- @page { size: 21cm 29.7cm; margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm } –></style><em>“Les capacités d’endormissement d’un bébé sont une source inépuisable de découvertes scientifiques : le bébé pourra s’endormir sur votre épaule, votre bras, votre cuisse, votre tibia ou, putativement, sur toute partie plus ou moins praticable de votre corps, et ce dans les positions plus acrobatiques, que ce soit celles du bébé ou les vôtres. Pour autant, un bébé n’acceptera pas n’importe quoi. S’il vous venait, par exemple, l’idée farfelue de le faire dormir dans son lit (je dis n’importe quoi, hein, c’est juste un exemple), a fortiori la nuit, Monsieur Bébé saura vous rappeler promptement à l’ordre et vous faire payer durement cette impudence. Deux cas de figure existent : la tentative bébé réveillé et la tentative bébé endormi. Nous ne perdrons pas notre temps à traiter le premier cas, qui concerne tout au plus une poignée d’inconscients voire, soyons francs, de crétins irréalistes dont l’optimisme confine à la candeur la plus absolue. Examinons donc en détail le second cas. Bébé dort depuis un bon quart d’heure sur votre épaule. Tout est en ordre : couche propre, biberon ingéré, rots effectués, les conditions d’un sommeil durable sont réunies. Du reste, vu le relâchement total du petit corps endormi contre vous, vous estimez légitimement que « hop, ça y est, je le pose et je vais enfin pouvoir m’allonger ». Dont acte. Las ! Le simple fait d’avoir imaginé ce plan a rendu le sommeil de bébé plus léger. Son corps s’est un peu raidi, sa tête a bougé, un borborygme s’est fait entendre. Pas de panique, vous vous dites que tout rentrera dans l’ordre une fois que vous l’aurez délicatement posé sur son matelas, et vous vous trompez. Au premier contact avec le drap, bébé ouvre des grands yeux affolés, remplis d’une légitime incompréhension. À l’instar du soldat qu’on abat de dos et qui tombe les deux genoux au sol, il semble vouloir dire « Pourquoi ? ». Quand vous avez fini de l’installer, il est totalement et durablement réveillé. Commence alors la période dite « l’espoir fait vivre » durant laquelle un hypothétique observateur extérieur vous verrait tendre littéralement le dos à chaque mouvement de bébé qui, c’est évident pour tout le monde sauf pour vous qui êtes aveuglé par votre benoît projet de vous coucher, lutte de plus en plus fort pour ne pas dormir. Et il y parvient. La première surprise passée, il rassemble gaillardement ses forces et entame un concert de protestations sur le mode crescendo. C’est la période « mais qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? » qui commence, beaucoup plus longue que la précédente. Inutile de préciser que votre nuit est foutue : la lutte est inégale.”</em></p> <p>Ce texte est un extrait de <em>“Demain je le vends”</em>, ouvrage en cours d’écriture à paraître chez <em>“L’impubliable”</em> dans un délai difficilement quantifiable à bien des égards.</p> <p>P.S. : Merci à Pépé Pas-le-jus, à qui j’ai emprunté le titre de cet article. </p> </div> <p class="postmetadata">Publié dans <a href="http://mes-couilles-sur-ton-nez.org/?cat=18" title="Voir tous les articles dans Faites des gosses" rel="category tag">Faites des gosses</a> | <a href="http://mes-couilles-sur-ton-nez.org/?p=68#comments" title="Commentaires pour On est là pour payer">4 commentaires »</a></p> </div> <div class="navigation"> <div class="alignleft"></div> <div class="alignright"></div> </div> </div> <div id="sidebar"> <ul> <li> <form method="get" id="searchform" action="http://mes-couilles-sur-ton-nez.org/"> <div><input type="text" value="" name="s" id="s" /> <input type="submit" id="searchsubmit" value="Chercher" /> </div> </form> </li> <!-- Les informations biographiques ne sont pas affichees par defaut. 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